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11/02/2013

Etre enceinte et éduc

Au boulot, y a un truc qui doit circuler dans l'air: tout le monde a envie de faire des enfants. Ca me rappelle de très beaux souvenirs, mais aussi des moins bons, car la grossesse n'est pas toujours simple en tant qu'éduc spé.

Tout d'abord, il y a cette angoisse d'avoir un enfant avec un truc en plus ou en moins. On accompagne des parents qui du jour au lendemain, ont eu cette malchance, et on se dit que ça pourrait nous arriver aussi. Alors à chaque échographie, on tremble un peu. Avant je me disais que la trisomie ne devait pas être si grave que ça, maintenant certaines situations observées ont ébranlé mes certitudes.

Ensuite, la grossesse occasionne une sensibilité exacerbée. Or, l'éducatrice doit être un roc sur lequel les ados en détresse peuvent s'appuyer. Ce qui n'est pas simple quand une vie pousse dans son ventre. Sans compter que la grossesse peut aussi désarçonner les jeunes accompagnés, et donc demander de la part de l'éducatrice encore plus d'énergie. J'ai par exemple une collègue qui était menacée par un jeune qui voulait taper dans son ventre. Pas facile de venir bosser avec cette épée de Damoclès au-dessus du crane, ou plutôt du ventre.

Car c'est bien autour de ce ventre que les choses tournent. Un instinct de protection  se construit, et on se tient à l'écart de toutes menaces. J'ai ainsi souvent hésité à intervenir auprès d'ados en crise, mais rechercher un relais n'était pas toujours possible à tel ou tel moment, et je ne pouvais pas non plus fuir devant une situation difficile.

Je peux l'avouer la grossesse en tant qu'éducatrice a été pour moi un passage très compliqué, j'ai d'ailleurs dû être arrêtée assez tôt, tant le corps que le psychisme ne suivant plus. J'ai longtemps culpabilisé d'avoir baissé les bras ainsi, encore aujourd'hui d'ailleurs j'espère vivre ma prochaine grossesse au boulot plus sereinement (même si rien n'est au programme pour le moment).

Et vous, la grossesse a été un long fleuve tranquille au niveau professionnel ou une zone de turbulences?

16/06/2012

Parlons handicap 2 - Parents d'enfants handicapés

Devenir parent c'est une étape magique. On idéalise l'enfant à venir, on fait des projets par milliers...

Sauf que parfois, le rêve se brise en milles morceaux, quand le handicap: un chromosome en trop, une malformation, une maladie orpheline, de l'épilepsie... Les parents se retrouvent décontenancés face à ce handicap mental qui survient.

On n'y est pas préparé, on doit faire le deuil de l'enfant rêvé pour accepter le parcours du combattant qui arrive. Le regard des autres, le regard de soi aussi. Parce que les parents que j'ai pu rencontrer le disent bien: je connais pas le handicap, je sais pas moi ce qu'il faut faire! Et puis, le parent peut aussi avoir un regard effrayé sur le handicap, donc quand il s'invite, il faut faire face à ses propres représentations.

Tout cela demande un accompagnement pour les parents, pour pouvoir avancer. Malheureusement, si dans les structures on accueille l'enfant, je trouve qu'on laisse bien trop les parents livrés à eux-même. Pourtant, des questions, des angoisses, des difficultés, ils en ont ces parents. Mais c'est bien difficile pour eux de faire entrer un professionnel dans leur quotidien, comme ça du jour au lendemain, alors que pourtant ils n'avaient aucun problèmes avant! C'est alors au professionnel d'essayer de faire émerger la parole. Mais, nous avons peu de moyens pour ça.

Et puis ce n'est pas parce que le handicap s'invite dans le paysage, que tous les parents sont les mêmes, ou se transforment en héros pleins de tolérance. On y retrouve des parents qui mettent tout en oeuvre pour faire progresser leur enfant, d'autres qui attendent tout des pros, des parents un peu limites, des parents avec qui travailler est le bonheur, d'autres parents avec qui le dialogue est difficile...

Par contre un point commun à tous, c'est les dommages collatéraux sur la famille. Difficile de garder une unité, d'arriver à s'occuper de manière équitable de toute la fratrie. Et bien malheureusement, le couple morfle aussi. On voit pas mal de séparations. Si les couples sont encore ensemble, un des membres est souvent beaucoup plus impliqués et l'autre s'efface. Souvent la mère d'ailleurs, mais je ne veux pas faire de généralités.

Et le(s) parent(s) parfois se fatigue(nt), mais il a du mal à le dire. Souvent ça sort quand c'est trop tard, et là tous les efforts doivent être faits pour soulager la pression. Malheureusement, les places d'accueil temporaire sont rares et pour certains jeunes qui posent beaucoup de souçis et fatiguent donc d'autant plus leurs parents, il est encore plus dur de trouver une place en accueil temporaire, une colo ou autre.

Mais il y a aussi de belles histoires, de l'amour dans ces familles, de l'espoir, des jeunes qui progressent...

Ce billet est un peu fouillis. Depuis que je suis devenue maman, je réfléchis beaucoup à tout ça, et donc le mettre à l'écrit me permet d'éclaircir un peu mes pensées. Maintenant, le mieux ce serait de pouvoir en discuter avec vous.

Le handicap et vous? C'est un sujet lointain ou qui vous intéresse?