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15/07/2012

Mon bébé face au racisme ordinaire

Hier, nous avons passé l'après-midi avec mes beaux-parents. On s'aimait beaucoup avant Bébé, mais depuis sa naissance, c'est un peu plus hostile.

Toute l'après-midi, j'ai dû faire face à divers conseils bien gentils mais que je ne veux pas suivre. J'ai donc refusé la tape sur le doigts, la fessée "éducative", le "la poussette c'est trop bien, à bas le porte-bébé". J'ai rappelé aussi par petites touches que la Chose est toujours abonnée au nichon farçi.

Bref, quand il s'agit d'éducation de la Chose, j'ai tendance de plus en plus à appuyer mes et nos choix. Ce n'est pas facile, car l'Homme est plus mitigé que moi, donc s'il me soutient, on est quand même pas d'accord sur tout. Du coup, en coulisses, on a aussi nos petites frictions, voir même grandes disputes.

Mais revenons à nos moutons! Mes beaux-parents font partie de ces français aux certitudes bien ancrées, de cet électorat dont on parle beaucoup qui balance entre la droite et l'extrème-droite. A un moment de l'après-midi, mon beau-père lance "oh y a des mouches, c'est normal y a un foulard!".

J'ai avalé de travers, je suis restée stoïque, mais j'en suis encore énervée. Ces gens font partie de l'entourage propre de la Chose et un jour, elle sera en âge de comprendre ce que son Papi a dit. Et comment pourrais-je ensuite lui expliquer, qu'elle doit le respect à tous quels qu'ils soient? Que les couleurs, les religions, le handicap ne sont que des détails, qui rendent le monde moins uniforme et même beaucoup plus beau? Mais qu'en même temps, y a des abrutis qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et qui rejettent d'autres personnes par ignorance.

Un jour, je devrai expliquer tout ça à la Chose en espérant qu'elle ne soit pas contaminée par la connerie humaine. En attendant, je ravale ma salive, mais comme beaucoup de sujets, je ravale mais à un moment, ça devra sortir!

03/07/2012

Comment j'ai presque claqué la porte de la kiné

La Chose est un peu en retard pour la marche, du coup la pédiatre nous a orienté vers une kiné, qui ne voit rien de vraiment grave mais veut quand même faire quelques séances avec la Chose.

Nous y sommes donc allés aujourd'hui, avec un bébé crevé d'une longue journée chez la nounou, avec juste une demi-heure de sieste. L'heure venue de faire les exercices, la kiné nous demande de nous éloigner. Bien sûr, la petite n'est pas de cet avis. Elle commence à hurler et la kiné lui fait faire tous pleins d'exercices, avec notre bébé qui hurle non-stop, tousse, et s'arrête juste pour respirer.

A un moment (et je vous assure j'ai patienté longtemps pour voir si les choses se calmaient) n'y tenant plus, je rentre dans la salle d'exercice. Je prends dans les bras la petite, expliquant bien à la kiné que 1) elle est fatiguée 2) on n'a jamais éduqué notre fille en la laissant hurler. Elle me parle de caprices, qu'il n'y pas de larmes, qu'elle pleurait juste pour m'appeler, qu'elle s'est même fait vomir exprès (!). Bref, d'un commun accord, on n'a arrêté la séance, la kiné ne voulant plus continuer suite à mon intervention et moi ne voulant plus laisser ma fille dans cet état.

Je suis énervée, confuse et frustrée. La Chose a plusieurs pleurs et je sais faire la différence entre de la frustration et de la détresse. Et là, mon bébé était en détresse, d'être séparée de ses parents et de devoir être manipulée et devoir faire des exercices avec une personne qu'elle ne connait pas. Il n'y a pas eu d'apprivoisement mutuel, mais une action rapide. Même si la kiné lui a chanté des chansons et a essayé d'être douce, pour la Chose, c'était trop lui demander. Il aurait fallu qu'elle commence les exercices en étant sereine.

Pourquoi devoir à tout prix éloigner les parents? Pourquoi ne pas proposer aux parents de participer et les associer aux exercices? Pourquoi ne pas s'adapter à un jeune bébé qui a du mal avec les inconnus?

A la place on a eu un concert d'hurlements... Je sais bien que je ne peux pas éviter la souffrance et les pleurs à ma fille. Je l'emmène se faire vacciner, je lui nettoie le nez... Mais là, je pense sérieusement qu'il aurait pu être fait autrement.

En même temps, je suis pleine de doutes. Suis-je trop maman poule? N'aurais-je pas dû laisser la kiné continuer? J'ai laissé parler mes tripes, peut-être ai-je eu tort?

Je suis un peu paumée, donc j'ai bien envie d'avoir vos avis éclairés et éclairants! Un grand merci!

21/06/2012

La supervision des parents

Chez nous, au boulot, on a un truc sympa chaque mois, c'est la supervision. Avec une psychologue et mes collègues, on met sur le tapis tous nos petits doutes et grandes questions sur les jeunes dont on s'occupe.

Pratique et instructif, quand on ne comprend pas pourquoi Gudule est en colère tout le temps ou qu'on cherche des idées pour motiver Alphonsine à s'ouvrir aux autres. Bref, on discute entre pairs de notre expérience à propos de Gudule et on voit ensemble qu'est-ce qu'on peut faire pour améliorer la situation.

Et là vous êtes en train de vous dire: oui et alors? Elle nous embête Working Mom, à toujours parler boulot!

Sauf que si on réfléchit, les blogs et les forums (oui, je fais mon coming-out, j'ai vécu une brève passion avec Doctissimo pendant ma grossesse), ne serait-il pas aussi utilisés comme mode de supervision?

Qui n'a jamais posté un article pour exposer un soucis avec Jacquot qui refuse de manger et qu'on ne sait plus par quel bout prendre le problème? Qui n'a jamais répondu pour soutenir la maman de Jacquot, en la conseillant ou juste l'écoutant?

En cette époque, où on ne peut plus forcément compter sur les anciens de la tribu et la culture orale, Internet devient notre place du village, notre lieu de supervision.


Ce défouloir permet aussi d'éviter de beaux pétages de plombs. On se sent moins seul, quand Jacquot a jeté son assiette par terre pour la 10ème fois cette semaine! On partage ça avec d'autres, on décrypte le problème et on en rit. On dédramatise, en voyant que d'autres partagent la même chose.

Alors à vos claviers, supervisez moi tout ça!