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23/08/2012

Jalousie

- Bonjour, je me présente Working Mom. Je suis Jalouse Anonyme depuis 2 ans.

- Bonjour, Working Mom!

Je me sens forcée à intégrer le club secret des Jalouses Anonymes,  jalouse d'une collègue qui est parfaite en tout point.

C'est l'éducatrice que je ne serai jamais: une patience d'ange, une créativité et une envie qui ne cessent jamais, une gentillesse et un enthousiasme qui n'est pas feint, une fille qui reste au boulot alors que tout le monde est déjà rentré... Elle a aussi supporté une grossesse au milieu des jeunes handicapés alors que j'ai été arrêtée au 5ème mois, cassée physiquement et nerveusement. Elle a repris le boulot après son congé mat' avec une envie intacte sans regarder en arrière, alors que moi j'avais le coeur qui était resté accroché quelque part entre chez la nounou et le boulot.

A côté, j'ai honte. Je ne pense pas être une mauvaise éducatrice, mais je suis quelconque, impatiente et désabusée parfois, concentrée sur le boulot quand j'y suis mais pressée de rentrer dès que les jeunes sont partis. J'ai des idées, mais pas treize à la douzaine comme elle. Je supporte les travers des jeunes mais beaucoup moins ceux de certains collègues. Je cherche le secret de cette éduc parfaite, mais je ne le trouve pas.

J'essaie de lui chercher des défauts, trouver la faille, mais non rien n'y fait. Cette fille est parfaite, et moi je ne suis qu'une fille jalouse!

- Merci Working Mom, bon courage à toi! Nous vaincrons la jalousie, tous ensemble! La jalousie c'est tabou, on en viendra tous à bout!

Et vous, aussi un vieux fond de jalousie qui traîne, ou y a que moi qui suis vilaine?

11/07/2012

Bilan d'une année

Aujourd'hui est un jour spécial, puisque c'est la fin de l'année scolaire pour les jeunes dont je m'occupe. Je ne suis pas une "maîtresse" mais une éducatrice avec 5 semaines de vacances (oui, vous avez le droit de me détester!).

L'année scolaire, ma première année complète à mon boulot, est passée archi vite, la faute à notre bébé bouffeur de temps. Et cette fin d'année est l'occasion d'un grand chambardement, puisque 2 jeunes dont je m'occupe partent pour une structure adultes.

C'est toujours étrange pour moi de laisser un jeune partir, car j'ai du mal à déléguer, à ne pas tout contrôler. Avec les jeunes dont on s'occupe, on met un tas de choses en place, on les suit plusieurs années avec des moments pas toujours faciles. Et du jour au lendemain, le jeune que tu connais depuis presque 3 ans part. Ton ego en prend aussi un coup, quand tu le recroises dans sa nouvelle structure, et qu'il te reconnait à peine. Du fait du handicap sûrement, ils passent à autre chose, bien plus vite que nous, pauvres éducateurs pleins de souvenirs. Il est difficile de voir aussi qu'en structure adulte, les professionnels ont moins le temps, donc que le travail avec le jeune ne sera pas le même.

L'année prochaine aussi, nous réorganisons nos groupes pour mixer un peu plus les niveaux, afin que les jeunes se stimulent entre eux, l'occasion pour moi de refaire tout un programme avec en plus une nouvelle collègue. J'ai hâte de commencer tout ça.

L'occasion aussi de dire "bonnes vacances" aux parents. Il y en a certains que j'admire pour leur patience, leur présence quasi constante auprès de jeunes dont le handicap est lourd et envahissant. Pour ces parents, il n'y a jamais de "je t'aime, maman", de repos ou d'éclats de rire. Pourtant, ils sont toujours là, vaillants et il est difficile pour eux d'accepter de dire que là, tout de suite maintenant, ça va plus, il leur faut un relais.

D'autres parents fuient nos demandes, nos questions, mais plus grave fuient leur enfant, en ne s'intéressant pas à ce qu'il fait, à ses travaux... Ils ne semblent jamais s'intéresser aux progrès de leur enfant, mais sont prompts à critiquer l'éducateur et l'institution dès qu'une veste est perdue. Il est alors difficile de travailler avec ces parents, d'essayer de leur insuffler notre enthousiasme par rapport aux progrès de leur enfant.

Voilà, j'espère que cet article qui part dans tous les sens ne vous a pas paru ennuyeux. J'ai encore 2 jours de formation et ce sera les vacances!!!

16/06/2012

Parlons handicap 2 - Parents d'enfants handicapés

Devenir parent c'est une étape magique. On idéalise l'enfant à venir, on fait des projets par milliers...

Sauf que parfois, le rêve se brise en milles morceaux, quand le handicap: un chromosome en trop, une malformation, une maladie orpheline, de l'épilepsie... Les parents se retrouvent décontenancés face à ce handicap mental qui survient.

On n'y est pas préparé, on doit faire le deuil de l'enfant rêvé pour accepter le parcours du combattant qui arrive. Le regard des autres, le regard de soi aussi. Parce que les parents que j'ai pu rencontrer le disent bien: je connais pas le handicap, je sais pas moi ce qu'il faut faire! Et puis, le parent peut aussi avoir un regard effrayé sur le handicap, donc quand il s'invite, il faut faire face à ses propres représentations.

Tout cela demande un accompagnement pour les parents, pour pouvoir avancer. Malheureusement, si dans les structures on accueille l'enfant, je trouve qu'on laisse bien trop les parents livrés à eux-même. Pourtant, des questions, des angoisses, des difficultés, ils en ont ces parents. Mais c'est bien difficile pour eux de faire entrer un professionnel dans leur quotidien, comme ça du jour au lendemain, alors que pourtant ils n'avaient aucun problèmes avant! C'est alors au professionnel d'essayer de faire émerger la parole. Mais, nous avons peu de moyens pour ça.

Et puis ce n'est pas parce que le handicap s'invite dans le paysage, que tous les parents sont les mêmes, ou se transforment en héros pleins de tolérance. On y retrouve des parents qui mettent tout en oeuvre pour faire progresser leur enfant, d'autres qui attendent tout des pros, des parents un peu limites, des parents avec qui travailler est le bonheur, d'autres parents avec qui le dialogue est difficile...

Par contre un point commun à tous, c'est les dommages collatéraux sur la famille. Difficile de garder une unité, d'arriver à s'occuper de manière équitable de toute la fratrie. Et bien malheureusement, le couple morfle aussi. On voit pas mal de séparations. Si les couples sont encore ensemble, un des membres est souvent beaucoup plus impliqués et l'autre s'efface. Souvent la mère d'ailleurs, mais je ne veux pas faire de généralités.

Et le(s) parent(s) parfois se fatigue(nt), mais il a du mal à le dire. Souvent ça sort quand c'est trop tard, et là tous les efforts doivent être faits pour soulager la pression. Malheureusement, les places d'accueil temporaire sont rares et pour certains jeunes qui posent beaucoup de souçis et fatiguent donc d'autant plus leurs parents, il est encore plus dur de trouver une place en accueil temporaire, une colo ou autre.

Mais il y a aussi de belles histoires, de l'amour dans ces familles, de l'espoir, des jeunes qui progressent...

Ce billet est un peu fouillis. Depuis que je suis devenue maman, je réfléchis beaucoup à tout ça, et donc le mettre à l'écrit me permet d'éclaircir un peu mes pensées. Maintenant, le mieux ce serait de pouvoir en discuter avec vous.

Le handicap et vous? C'est un sujet lointain ou qui vous intéresse?