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09/01/2013

Engagez vous qu'ils disaient!

Pour vivre, il faut de l'argent parait-il. Et malheureusement, celui-ci ne nous tombant pas tout cuit dans le bec, un travail est nécessaire. Chacun a un travail différent, et les caractéristiques diffèrent beaucoup entre le vendeur de légumes, le garagiste, le free-lance et l'éducatrice...

Mais si ce travail nous permet de vivre, financèrement parlant, il est difficile de ne pas se laisser bouffer par ce travail. On met des garde-fous en place: horaires, RTT, droit du travail... Et puis on apprend à laisser ce qui est au travail dans l'entreprise et le reste à la maison. Et c'est vrai que c'est nécessaire à un équilibre, surtout quand on a une famille, une vie privée... 

Ce n'est pas toujours facile. Si la vendeuse du marché peut se conformer à ses horaires, que dois-je faire quand un jeune refuse de rentrer dans son mini-bus pour rentrer chez lui? Je rentre chez moi et je verrais bien si demain il a réussi à rentrer? Et puis je dois faire quoi si j'ai posé un congé, mais que y a trop d'absents et que les collègues et les jeunes se retrouvent en difficulté? 

Travailler avec de l' "humain" suppose de s'engager dans une relation, un travail qui déborde de mes 35h, comme aujourd'hui où des situations éducatives me prennent la tête et continuent à me questionner maintenant que je suis rentrée chez moi.

Pour moi cet engagement est indispensable parce que les jeunes adultes dont on s'occupe ne sont pas capables psychiquement de comprendre tous ces RTT, horaires, règles... Ils ont besoin d'une personne stable pour les accompagner. 

Mais cet engagement est parfois bien difficile à porter. C'est fatiguant, frustrant, pesant... Et puis il est vite énervant de voir que d'autres dans le même lieu ne portent pas autant cet engagement. Eux arrivent à tenir ses horaires, RTT, absences pour pet de travers... Ne restent plus qu'aux plus engagés à porter les murs à bout de bras, se fatiguant, s'usant encore plus...

13/11/2012

Confessions intimes d'une éduc

Je suis une éducatrice passable: je n'ai aucun sens pratique, je perds mes clés 10 fois par jour au boulot, les posant dans un coin et les perdant en retour... Je n'arrive pas à garder mon armoire à fournitures rangée plus de 2 jours, je n'arrive pas à rester sans rien faire une seconde, je m'embrouille quand je parle en réunion. Il m'arrive de bouillir à l'intérieur face à certains jeunes ou collègues, mais je me retiens. Seulement, en rentrant à la maison, ma patience émoussée ne tient plus face à l'Homme ou la Chose.

Je déteste devoir aller réclamer auprès des cadres, mais je suis sans cesse obligée de le faire. Je déteste les conflits, je les fuis, mais je suis obligée d'y aller à chaque fois, révoltée par l'inertie.

Je vais encore changer de collègue, devoir réorganiser une prise en charge, m'habituer à une nouvelle façon de faire, gérer la relation hiérarchique avec la personne qui doit m'aider, accompagner les jeunes dans ce nouveau contact, situation à chaque fois difficile. Je suis fatiguée d'avance de ce changement. Après tout en 3 ans, ça ne fera que la 7ème fois, à cause des dysfonctionnements du quotidien.

Je suis fatiguée quand les décisions éducatives sont freinées par les ego personnel, les limites institutionelles et la fainéantise de certains.

J'ai l'impression parfois de ne plus savoir que proposer face à telle ou telle situation. Je ne comprends pas toujours les parents que j'ai face à moi, j'ai du mal à être empathique face à certains.

Je n'aime pas quand tout le monde se fait la bise et se plante des couteaux dans le dos par derrière.

Je suis une éduc fatiguée, heureusement sauvée par les blagues de K, les sourires de A et les progrès d'Y.

Je voulais écrire quelque chose ce soir, mais pas d'idées. J'ai laissé mes doigts décider, désolé c'est brouillon mais ça fait du bien...

23/10/2012

Quand le handicap mental s'en mèle

La vie est compliquée et pas toujours rose, je sais pas si vous avez remarqué? Alors on gère au quotidien, comme on peut. Mais comment on fait, quand un petit truc en plus ou en moins ne nous aide pas à y voir clair?

Par exemple, tu la gères comment toi la frustration de ne pas avoir eu ton dessert préféré au repas de midi? Tu souffles un peu, au pire tu retiens un juron. Sauf que pour X. qui a le langage mais pas tous les moyens de compréhension qu'il faudrait, cette frustration peut être intolérable. S'ensuit cris, hurlements, jets d'objets. Oui, je sais comme ta fille de 2 an et demi... Il faut alors toute la patience et la réassurance de l'éducateur pour tranquiliser X. et l'aider à prendre la mesure de sa frustration, qui ne rend pas légitime de tout casser!

Et comment tu fais quand ta collègue de travail préférée est absente? Avoue, t'es un peu triste parce que ta journée va être un peu plus ennuyante que d'habitude. Pour Y., c'est différent: larmes, cris, agitation... jusqu'à ce qu'on lui explique que son éducatrice n'a pas disparue corps et âme mais s'est juste absentée pour aller aux toilettes. Oui, bon, ton fils de 9 mois te la fait aussi, l'angoisse de séparation, tu maîtrises je sais! 

Un autre truc pénible que tu as à supporter au quotidien, c'est de te faire sermonner par ton patron. Tu oscilles entre les larmes et l'énervement en général, non? A., lui, il se knacke un bout du bras quand il se fait gronder alors qu'il s'y attendait pas, et puis D. il fuit loin, très loin, quand y en a qui s'énervent près de lui. 

Mais par contre, quand toi tu fais des petits pas en avant, c'est d'un banal, on les remarque mais y a pas de quoi en faire un plat. Moi, quand X. a tenu une demi-heure en étant calme, que Y. a su aller vers les autres, ou que K. a réussi à couper la courgette en morceaux, je suis tout sourire, tout étonnement, toute joie.

Et puis, entre nous, quand j'aurais plus cet étonnement ou cette joie, je penserais peut-être à changer de boulot!