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17/04/2013

Au revoir à mon Pépé

C'est un homme que j'ai toujours connu diminué, porté à bout de bras par sa femme. Un puis des AVC avaient porté un coup dur à ce monsieur. C'était mon pépé. 

Il avait souvent beaucoup de choses à dire et vu que j'étais l'ainée et que je voulais le connaître un peu, je passais les temps où on allait voir mon pépé et ma mémé à discuter avec lui. Il me parlait de ses grues, ses cars, ses camions, de tout ce qu'il a conduit pendant sa carrière. Il évoquait peu la Seconde Guerre. Il l'a vécu, enrolé de force comme tant de Malgré Nous de notre Alsace...

Et puis au fil des années, les mots ont été de plus en plus compliqué à sortir de sa bouche, à s'assembler en quelque chose de cohérent. La flamme de sa bougie faiblissait. A chaque fois qu'on allait le voir, on le sentait de plus en plus vacillant, confus. Il regardait la Chose d'un oeil lointain, et ce n'était plus avec lui qu'on discutait le plus, mais avec Mémé, sa femme, qui se plaignait, un peu puis beaucoup.

Le jour de notre mariage, d'ailleurs Mémé a essayé de partir toute seule de la fête, dans la nuit, parce qu'elle était fatigué, qu'elle n'en pouvait plus. Et lui était dans la lune, à regarder la fête de loin.

Et puis, il y a eu l'hospitalisation, suite à d'autres AVC et une perte totale d'autonomie. On a parlé de permissions, de préparation à la maison de retraite. Et puis de corps qui récupère plus, de déclin, morphine, reins qui fonctionnent plus.

Et puis ce 16 avril, Pépé est décédé. Il y a des gens qui partent d'un coup, brutalement, mais sans trop de souffrances. Lui, il est parti difficilement, durement, en souffrant. Il n'a pas eu une belle mort. Et moi, je ne l'ai jamais suffisamment connu.

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