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02/04/2013

J'ai été pionne

Une fois diplomée, trop jeune, sans permis ni contacts professionnels, j'ai un peu erré niveau boulot. Je suis alors devenue pionne dans un collège presque-ZEP. Le CPE était plus qu'enchanté: une éduc spé comme pionne, ça ne se refuse pas!

Moi qui avait toujours redouté de bosser avec des adolescents, surtout en opposition, j'ai curieusement vite trouvé mes marques et adoré ce boulot. L'assistant d'éducation est pour moi un pivot essentiel de la vie d'un collège. Il est au milieu de tout, confident de certains élèves, remplacant des profs, s'occupant de l'étude, des colles, du travail administratif, de la récréation...

C'est le pion qui récupère les élèves exclus ou collés, qui reçoit les absentéistes ou les retardataires... Dans le collège où je bossais, nous avons mis en place un soutien scolaire, des séances de remédiaition.... Ces séances en individuel ou petits groupes nous montraient ces élèves autrement. Ils avaient de l'intéret pour le cours, des idées, des ressources. Mais tout cela était rendu invisible par l'effet de groupe. 

J'avais à coeur d'accompagner ces élèves et de mettre en place un travail avec les profs pour leur montrer toutes les ressources de leurs élèves. Si certains profs étaient très ouverts à  ce travail de partenariat et innovants au niveau pédagogique, d'autres nous utilisaient comme pion d'un jeu visant à exclure au bout de 5 minutes de cours leurs élèves perturbateurs, continuant là une spirale d'échec et de rejet mutuel.

Le pion a donc plein de cartes à jouer dans un collège, malheureusement son statut est peu sécurisé: SMIC, temps partiel, contrats possibles que jusqu'à 6 ans et à renouveler chaque année... Impossible de construire une stabilité et donc beaucoup de turn-over. Chaque année, l'équipe pédagogique perd une partie de ses pions. Qui avait pourtant construit une connaissance du collège et des jeunes, qui eux avaient construits des repères avec les assistants d'éducation.

Moi aussi d'ailleurs, une fois empochée mon CDI là où je bosse actuellement, j'ai démissionné de mon poste, avec le grand regret de ne pas continuer les soutiens et partenariat mis en place, mais difficile de construire sa vie sans contrat sûr. Le plus surprenant c'est de croiser ces ados quelques temps après, d'être reconnue, comme si en 6 mois, j'avais pu laisser une petite trace. Et de voir ces ados grandir et devenir des presques adultes.

Et vous, quelle image avez-vous de ces pions, ATSEM ou AVS, ces petites mains qui permettent aux écoles de vivre?

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Commentaires

C'est amusant, il y a encore peu de temps, j'étais une de ces collégiennes qui avec ses copines ricane bêtement quand le beau surveillant s'arrête pour plaisanter 5 minutes avec elles. Mais je dois bien avouer que la vision que j'ai eu au cours de ma scolarité de ces "pions" est plutôt négative. Etant bonne élève, je n'ai jamais eu à faire avec eux personnellement, mais lors du soutien ou des heures de permanence, je garde le souvenir de jeunes gens ayant du mal à imposer leur autorité par manque de confiance sûrement, qui hurlent et nous demandent le silence complet au moindre chuchotement. Pourtant je n'étais pas en ZEP. Même si pris à part, on pouvait discuter beaucoup plus aimablement. L'un d'eux m'avait même fait découvrir quelques livres.
Mais aujourd'hui un de mes amis est devenu surveillant dans notre ancien lycée, ça fait tout drôle ! Il est super calme et les élèves l'aiment bien. C'est amusant d'être de l'autre côté de la barrière et on comprend mieux les enjeux de ce métier.
Il y a une petite formation qui est dispensée ? Parce que parfois, en termes de pédagogie ils semblent très maladroits et c'est dommage.

Écrit par : Sophie | 05/04/2013

le gros problème de ce métier c'est qu'une voie de garage qu'on utilise quand on a besoin d'un boulot ou qu'on trouve rien d'autre, voir même en contrat aidé. Du coup certains font ce travail sans vocation et/ou sans formations. Donc tu peux avoir des gens supers comme d'autres beaucoup moins. Et bien sûr une fois le poste obtenu 0 formation et 0 sécurité de l'emploi. C'est bien dommage car des pions formés et avec des contrats stables seraient une vraie force pour les collégiens!

Écrit par : working mom | 05/04/2013

Pour l'instant je n'ai croisé que des ASEM (les ATSEM dans le privé catho). Et j'avoue que les notre, c'est que du bonheur. Grâce à elles mes nains grandissent bien, mangent de tout, ont des coiffures dignes de la coiffeuse marie-thérèse, ont des calins, des bisous...
Elles ont souvent plus de temps que les maitresses pour me dire ce qu'il en est de la journée de mes enfants, et elles voient des choses que celle-ci ne voient pas.
Alors, oui, moi, mes ASEM je les aime.

Écrit par : Mamanlit | 09/04/2013

bien belle déclaration à tes ASEM. n'hésite pas à leur dire en vrai, quand on travaille au quotidien avec des enfants ou ados, on adore les retours positifs!!

Écrit par : working mom | 09/04/2013

Les commentaires sont fermés.