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25/03/2013

A quoi on sert?

Pour ceux du fond qui ont pas suivi, je bosse en Institut Médico-Professionnel avec 6 ados/jeunes adultes handicapés mentaux. Le nom de l'établissement est bien ironique, puisqu'on est très loin du professionnel: Y. qui porte des couches ou A. qui ne peut pas faire une activité d'une demi-heure sans qu'on le stimule sont très loin d'un avenir professionnel.

Non, je les aide à vivre heureux, à trouver leur voie, leur chemin. Je les aide aussi à se relier à nous, à sortir de leur bulle et s'intégrer dans la société. Pour cela, je joue un continuel jeu d'équilibre entre les lois de la société, les besoins particuliers de ces adolescents, les souhaits de leurs parents et de l'institution. Heureusement, je ne suis pas seule sur mon fil d'équilibriste, j'ai une équipe avec moi.

Et puis, j'ai des petits outils que je sors de ma boîte à malice: activité cuisine, peinture, papier maché, informatique, jardinage... Loin de moi l'idée de les transformer en as de la pizza ou en Picasso de l'IMPRO, mais l'activité permet de travailler créativité, expression, motricité, respect des consignes... Loin d'être une fin en soi, elle permet la rencontre.

A mes débuts à l'IMPRO, j'avais du mal à ne pas mettre les jeunes dans une spirale du faire à tout prix, ayant peur de trop de vide. Peu à peu, je me laisse gagner par l'idée qu'ils ont besoin de temps plus libres où il n'y a pas de contrainte mais où ils s'accrochent selon leur choix à ce qu'on propose. Je découvre que chacun a un temps différent, mais que tous ont les capacités de nous interpeller, de nous surprendre.

Et, ils suivent leur chemin peu à peu, à leur ryhtme. Ils évoluent sans qu'on sache d'où ça vient, sûrement le mélange magique de l'âge, de l'évolution de leur personalité, du groupe auquel ils appartiennent, des éducateurs qu'ils ont rencontrés... Peu à peu, on voit Y. commencer à dire "non", A. venir s'asseoir avec nous, X. imaginer des histoires...

Et on continue chaque jour, on sait toujours pas à quoi on sert, mais tant qu'on a la certitude de servir à quelque chose, on continue à venir bosser, chaque jour.

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Commentaires

Chaque petite victoire doit être tellement belle. C'est un beau métier, qui demande certainement beaucoup de patience et de doigté.

Écrit par : Albane | 25/03/2013

c'est un beau métier qui nous déconcerte aussi, car on se demande toujours si on fait bien les choses.

Écrit par : working mom | 25/03/2013

Quel beau métier nous faisons ?!? en même temps pour ma part, je ne pourrais être ni maçon, ni infirmière...
On nous oblige des fois à "remplir" l'emploi du temps... mais se rencontrer par d'autres intermédiaires est tellement riche pour tout le monde !
c'est marrant ton article, je suis en train de lire "L'éloge de la faibless" d'Alexandre Jollien. C'est assez simple à lire et cela fait réfléchir car il a vécu en institution.. Donc ça me fait "philosopher" sur ma façon de faire et c'est intéressant...

Écrit par : Active Mum | 25/03/2013

j'ai bossé un moment dans un métier commercial, et j'étais frustrée comme pas possible, tellement c'était loin de mon idéal. je garde le nom de ton livre sous le coude, pour mes prochains achats!

Écrit par : working mom | 26/03/2013

Mes deux beaux-frères sont trisomiques et ont un degré de handicap beaucoup plus léger que tes jeunes (ils bossent à l'ESAT) mais je mesure combien ton métier doit être difficile.
Je suis très admirative !

Écrit par : marie | 25/03/2013

merci!

Écrit par : working mom | 26/03/2013

Ca y est j'ai posté un petit article sur l'Eloge de la faiblesse. Si tu le lis dis moi ce que tu en penses ! bon courage !

Écrit par : Active Mum | 26/03/2013

Les commentaires sont fermés.